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22 juin 2019 : Traversée Pornic Noirmoutier à la nage !

  • Photo du rédacteur: Échappée Atlantique
    Échappée Atlantique
  • 24 juin 2019
  • 6 min de lecture

Samedi 22 juin 2019, 11h sur la plage de la Noëveillard, Pornic. La petite équipe vient d’arriver avec le matériel. Objectif : rallier le côté opposé de la baie de Noirmoutier à la nage. Le nageur qui a eu ce pari fou n’est autre qu’Etienne. Cela fait des mois qu’il s’entraine en mer, en lac ou en piscine. Il nage par 5 degrés dehors ou 24 dans l’eau. Entre ces séances de natation (pouvant atteindre 3 h par jour !), il prend des bains d’eau glacée, pour s’habituer à la température.

L'an passé, sur Brest-San Sebastian, la traversée avait été compliquée et Etienne souhaite la faire plus sereinement cette année, et surtout avec une grosse partie ... sans combi !


Il est fin prêt, la barbe longue, les cheveux blonds au vent, un bonnet sur la tête. Un physique de Viking, mais il faudra bien ça pour se bagarrer dans l’eau de la baie, prévue entre 16 et 18,5 °C.

Il partira sans combinaison, en vulgaire « costume de bain ».


Avant le départ, sur la plage de la Noëveillard à Pornic, toute l'équipe est sur le pont !

Sur la plage les amis et quelques badauds assistent à la préparation minutieuse de cette équipe d’expérience : le papa, Eric, est là, amoureux de la mer, de la Bretagne et marin (il a même été obligé de vendre son bateau pour acheter une voiture il y a de cela 32 ans, c’est vrai que c’est plus facile d’aller au boulot par la route qu’en tirant des bords sur le périphérique parisien !). Avec lui, trois des innombrables participants au périple « Brest-San Sebastian » de l’été 2018 : Sébastien, Tudy et Vincent (le frère du nageur). Ces quatre là constituent l’assistance directe d’Etienne, kayak, natation, bateau, ravitaillement, soutient moral !


A côté, Laurent et sa famille, les skippers qui piloteront le bateau d’assistance. Sauf que Laurent est triathlète (aussi), et malgré son « petit manque d’entraînements », il passera presque 6 heures dans l’eau à nager à côté d’Etienne ! Exceptionnel ! Cette famille Nantaise de sportif.ves est juste géniale ! Heureusement qu’ils seront là pour faire passer « plus rapidement » le temps à bord ! Un grand merci à eux, Laurent, Baptiste et Cathy.


Sur cette plage, il y a des amis d'Etienne, ainsi que Gaël, sa colloc et Claudie, Frédéric, Philippe et Armine, ses collègues ! Des gens motivés par cette promenade du Samedi matin et que l’on remercie du fond du coeur !


Claudie, est en Kayak avec un ami, ils feront plus de la moitié de la traversée avec le petit équipage. Merci à vous !


Puis il y a une famille de curieux qui ont lu Ouest-France et ont vu qu’un « fada » tentait la traversée ce samedi vers 11h.


11 h 37 - Etienne entre à l’eau. Ca y est l’objectif est de l’autre côté, on le voit à peine, la résidence « Beau Rivage » sur la plage des Dames. En trace directe, on est à environ 14 km. Mais jamais un nageur ne suit une ligne droite. Il se retrouve souvent balloter dans les courants marins.


Etienne a fixé le départ assez tard pour profiter de l’étale au milieu de la baie et de la marée montante de l’autre côté (à partir de 15h ce jour là). Il s’agit de ne pas reproduire la même erreur que l’an dernier, où arrivés à moins de 2 km de Noirmoutier, Etienne et Vincent (Kayak) se sont fait happer par le courant de marée descendante, obligeant le skipper à les tracter sur quelques centaines de mètres (grosse frayeur).


Aujourd’hui le temps est idéal, grand beau, début de canicule, l’eau est assez chaude (16,5 à 18,5 degrés), coefficient de marée de 55 et très faible vent !

Pour cette première portion, Sébastien et Laurent accompagnent Etienne. Vincent est sur le kayak. Il n’a pas fallu attendre 10 minutes avant qu’Etienne lance « Aie, je viens de me faire piquer par une méduse ». Effectivement, il va en croiser un très (trop !) grand nombre durant cette traversée. Les trois nageurs auront le droit à leur piqûre !

Comme prévu, on dévie vers la sortie de la baie, la marée est actuellement descendante. Mais cela n’a pas trop d’importance pour le moment. On alterne, le bras gauche, le droit, puis à nouveau le gauche, on respire, puis le droit encore … Oui je ne sais pas comment les bras font pour tant résister !

Puis, après 1h30, on arrive à la bouée des haut-fonds, là même où l’an passée la mer avait un peu forci. Pour l’instant, tout va bien, on est dans les temps. Etienne garde une bonne cadence.


Mer d'huile cette année, elle forcira un peu au milieu, mais rien de comparable aux difficultés de l'an passé !

D’un coup Vincent voit un hors bord lui foncer dessus, what ? « Vous êtes en plein milieu d’un carré réservé à une régate ! Il faut sortir vite, le départ est donné dans moins de 5 minutes ! ». Vincent : « Oui, bah les nageurs doivent aller à Noirmoutier à la nage, c’est un défi ! ». Le gars : « Il faut les sortir de l’eau ! ». Après plusieurs minutes de tractation (et des reports du départ à cause du vent), Eric cède, non sans manifester son mécontentement ! On embarque tout le monde à bord et on se décale de 300 mètres. Après 5 min, non 10 …, non 15 min, le départ est donné, on aurait largement eu le temps de traverser leur carré ! Enfin sécurité avant tout !


Changement de Kayak, Tudy s'y colle ! Il fera un bon bout !

On remet tout le monde à l’eau. On repart. Il n’y a presque plus personne sur l’eau. Etienne et Laurent poursuivent leur minutieux travail de rotation d’épaules. Tudy monte dans le Kayak et Sébastien discute. Le calme et la sérénité reviennent. On mange, on grignote, on patiente, un nageur ça fait du 2 ou 3 km/h alors la patience est une qualité que l’on travaille dans ces cas là. On a le temps de se prélasser au soleil, de lire, de faire des photos, des vidéos. Et on se demande comment ils font pour nager si longtemps sans se soucier de la durée de cette traversée. Cela fait 3h30 que l’on est parti, on est en plein milieu de la baie et il faut s’occuper l’esprit.


On change d’équipage, Laurent vient se réchauffer, Vincent prend le Kayak, Sébastien mange, puis il prend aussi le kayak, Tudy à son tour. Une seule personne reste constante dans son effort, Etienne, toujours l’alternance bras gauche/bras droit, puis toutes les 20 minutes, un gel, une barre, de l’eau, une madeleine : on remplit l’estomac !

Puis on voit qu’Etienne commence à peiner, Vincent sur le Kayak lance un « Il veut mettre sa combinaison ! ». Il sort de l’eau, enfile sa combi et retourne à l’eau. Il aura tenu plus de 5h30 sans combinaison, mais le froid commence à le ronger, il sait que s’il veut aller au bout, il n’a plus le choix, la combinaison s’impose !


Etienne a du enfiler la combinaison, Seb trouve le temps long dans le kayak !

Là c’est un nouvel homme, nouvelles forces, nouvelles sensations, il a « chaud », mais il avance plus vite ! Heureusement d’ailleurs ! On arrive à marée montante, l’étale est finie. Cette fois on est ramené vers le fond de la baie ! Il doit vaillamment lutter contre les courants (et les méduses se laissant porter dans les courants). On croise quelques bateaux, qui nous encouragent. La trajectoire commence à ressembler à un S. On a déjà passé les 15 km de natation et la côte est encore à 5 bons kilomètres.


On s'occupe comme on peut sur le bateau, on fait des live facebook, on parle, on dit n'importe quoi ! Mais après 6h30, on a des excuses !


Laurent retourne à l’eau pour encourager Etienne, lui remettre un coup de boost, car on commence à sentir que le moral n’est pas au top. La nage commence à se dégrader, mais il faut faire face, c’est ça qui est dur !




Encore quelques méduses, et on commence à voir précisément ce bâtiment que l’on fixe depuis des heures. Quand on se retourne, Pornic est très loin, pas de doute on est presque arrivé ! 8 h de natation et sur le bateau l’impatiente a fait place à la délivrance. Etienne va de plus en plus vite, les courants sont derrières lui ! Quel mental ! Même plus un half-ironman !





On voit le ponton de la plage des Dames ! Moins de 1 mile, puis moins de 1 km ! Laurent encourage Sébastien et Vincent à aller dans l’eau avec Etienne pour l’encourager jusqu’à l’arrivée. Il reste 600 m et l’euphorie gagne la petite équipe ! Etienne se retrouve encadré par ses deux comparses, il arrive à puiser dans son mental et jette ses dernières forces à l’eau. Tudy encourage le joyeux groupe. Des spectateurs médusés voient ce splendide balais de joie et de fierté approcher la plage, ils applaudissent à son passage.




Yes ! Il a touché terre, finalement 8h45 et 21 km !

Terre, terre, oui ! Après 8h45 minutes et près de 21 km, Etienne pose un pied sur la plage des Dames. Les gars le retiennent, les jambes sont un peu faibles. Il enlève ses lunettes, une tête de vieux loup de mer ! Bravo, il l’a fait. De ses propres mots : « Les trois derniers kilomètres ont été extrêmement difficiles, je n’avais plus de force dans les bras » (tu m’étonnes !).

Le retour à Pornic sera bien plus rapide, l’équipage du bateau aura l’occasion de savourer une petite bière en sillonnant la baie à toute vitesse.



On remercie encore chaleureusement Laurent (bravo, encore bravo et bonne chance pour un futur tri, on pourrait s’y croiser !), Baptiste (il a fait 90 % de la navigation !) et Claudie (de bonnes discussions !). C’est important d’avoir un bateau accompagnateur comme cela !


Une fois au port, un bon burger, retour à la location et là : à 2 h du matin, un bon verre de champagne pour fêter cet exploit !


Bravo Etienne !

Bravo Etienne, tu nous impressionnes !

Encore un gros défi de bouclé !

 
 
 

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