Etape 10 : Pornic - Noirmoutier
- Échappée Atlantique

- 18 août 2018
- 3 min de lecture
17 Août 2018
Départ vers 9 h pour cette deuxième grosse étape de natation. Etienne, Sébastien, à la nage et Vincent en kayak, quittent la plage de Noeveillard à Pornic pour rejoindre le bateau de sécurité, piloté par Laurent.
La distance prévue est de 14 km en ligne droite. Quelques kilomètres de plus pour des nageurs, soumis aux règles du courant. L’objectif du trio est clair, Sébastien effectuera cette traversée en plusieurs tronçons, tantôt nagés, tantôt en repos. Etienne veut la faire intégralement à la nage, Vincent sera sur le kayak de sécurité.

Les nageurs avancent bien, plus de trois kilomètres bouclés la première heure. Il y a quelques vagues, mais l’eau est bonne 19,5 °C au départ, contre 14 °C à l’extérieur. Sébastien qui avait prévu un premier relai de une heure pousse à une heure vingt, il se sent bien. Il profitera de sa pause sur le bateau pour se réchauffer dans la dry robe polaire d’Etienne. Pour sa part celui-ci semble bien gérer la fatigue des jours précédents et malgré la houle qui se renforce continue sur son rythme en s’alimentant toutes les trente minutes.

Avec le temps, la houle se renforce vraiment, les vagues peuvent atteindre un bon mètre, et je vous assure, être sur le kayak par ce temps peut aussi s’avérer sportif, même à vitesse de nageur (surtout pour l’estomac). La mer se refroidit. Sébastien retourne à l’eau pour un deuxième run. L’eau s’est bien refroidie, autour de 17 °C. Le froid devient saisissant sur le bateau et le kayak, polaires de rigueur !

Nous voilà au beau milieu de la baie, entre Pornic et Noirmoutier. Les vagues se font de plus en plus irrégulières, le vent se lève, les forces faiblissent pour les nageurs, les ravitos deviennent chaotiques et plus longs. Etienne se sent encore bien même s’il a du faire face à un petit mal de mer, dû à cette houle et à ses presque trois heures de natation. Les épaules commencent à tirer, mais il tient bon !

Puis quatre heures de natation, on dérape de notre cap, la marée s’est inversée, plus fortement que prévu. On est aspiré par l’Océan Atlantique. Noirmoutier défile devant nous, on est presque au bord.
Etienne continue à s’acharner, à peine un kilomètre. Mais il n’avance plus. Pendant vingt, vingt-cinq minutes le courant nous éloigne de la plage. Cela devient inquiétant, Etienne a fait bien plus que les quatorze kilomètres prévus. Une anecdote est impressionnante, alors que je discutais accroché au bateau, attendant Etienne à dix mètres de moi, on constate qu’il a beau nager dans notre direction fortement, pendant deux minutes, il reste à dix mètres.
Un peu désemparé, je lui propose de s’accrocher au kayak. Impossible d’avancer malgré des coups de pagaie puissants. On se laisse dériver. Le bateau vient à notre aide et nous sort de ce courant violent, avec quelques difficultés.
Une fois sortis de cette « chasse d’eau », la natation reprend, Seb retourne à l’eau pour la portion finale, Etienne, exténué parvient à rejoindre le bord. Titubant sur la côte, il constate que l’on a fait bien plus que la distance prévue, au moins seize voir dix-sept kilomètres.

La performance est saluée par quelques bateaux au mouillage à Noirmoutier et d’autres personnes sur la plage, ne pensant pas que c’était réalisable. Retour au bateau moteur. La vitesse n’a rien à voir, mais on se rend tout de suite compte que la mer a bien forci dans l’après-midi et le retour est un peu sportif. Arrivés au port, on voit nombre de bateaux rentrant pour éviter la forte houle et un épisode de vent de force 4 à 5.
Dans l’après-midi, on effectue un nouvel interview, puis on range le matériel direction Nantes, ce soir, on dort directement. Fatigués mais heureux de cette journée !
On remercie notre skipper Laurent, pour sa patience et son assistance au moment critique !

Moralité du jour, ne jamais lutter contre le courant (de marée), surtout en mer, c’est voué à l’échec. Même si Etienne le savait, je n’imaginais pas que cela fusse si puissant.



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